Controverse justice et sorcellerie(Essai)
Resume
La sorcellerie, ce mot à la fois mystique et redouté, résonne avec une intensité particulière dans l’imaginaire collectif africain. Elle traverse les âges, imprègne les mentalités et s’entrelace inextricablement avec les structures sociales et judiciaires. Malgré les avancées du droit moderne, les accusations de sorcellerie continuent de provoquer des drames humains, des injustices et des conflits communautaires. Partout sur le continent, des hommes, des femmes et parfois même des enfants sont accusés, marginalisés, chassés, lynchés, ou traduits devant des juridictions traditionnelles, souvent en marge du système judiciaire officiel. Ce phénomène, loin d’être une simple superstition appartenant au passé, persiste avec une vigueur qui défie les institutions modernes. Comment expliquer que la croyance en la sorcellerie ait survécu aux mutations sociales, aux progrès scientifiques et aux évolutions juridiques ? Pourquoi les populations, dans de nombreux contextes africains, continuent-elles de privilégier les mécanismes traditionnels pour régler ces conflits, souvent au détriment des droits fondamentaux ? Plus encore, comment construire un cadre juridique à la fois efficace et respectueux des réalités culturelles, capable de répondre aux attentes des justiciables tout en garantissant une justice équitable et humaniste ? Ces questions ont guidé ma réflexion et motivé l’écriture de cet ouvrage.